Une jardinerie pas comme les autres à l'Atelier Amiénois avec The plant isn't Dead

Le 22/04/2026

Dans Magazine

À l’abri de l’agitation du centre-ville d’Amiens, l’Atelier Amiénois cache bien plus que de simples objets artisanaux. Entre ses murs, on découvre plusieurs univers singuliers. Parmi eux, The plant isn’t Dead, créé en duo par Steve Louda et Amélie Fernandes Rodrigues il y a trois ans, attire immédiatement notre l’attention : une micro-jardinerie urbaine, pensée comme un lieu de vie, d'amour du végétal, et d’échange.

The plant is'nt Dead (situé à L'Atelier Amiénois, au 15, rue Flatters à Amiens) prouve que l'amour du végétal n'est pas qu'une question de main verte : tout le monde peut apprendre à entretenir des plantes chez soi !

Derrière ce projet, il y a deux personnes : Steve Louda et Amélie Fernandes Rodrigues. Leur histoire commence de façon très simple. "Amélie m’a donné une plante… et moi, quand je commence quelque chose, j’aime bien creuser", raconte Steve. Petit à petit, ils s’y intéressent davantage, achètent d’autres plantes, testent, apprennent. Au début, ils essaient même de vendre quelques boutures, sans succès. Alors ils décident d’aller plus loin : créer leur propre jardinerie.

 

Divers plantes plants isnt dead 1

Leur parcours est assez différent, mais finalement très complémentaire. Steve a passé cinq ans à l’armée, s'est reconverti dans l’entrepreneuriat, avant de se lancer dans plusieurs projets : "J’ai toujours fait des petits projets à droite à gauche… pas toujours concluants." Amélie, elle, a fait des études de droit international et travaille aujourd’hui en préfecture : "J'ambitionne d'être enseignant-chercheur et d'avoir un financement pour une thèse." Le but est pour la jeune femme de pouvoir avoir "une activité plus souple à côté pour m'occuper de la jardinerie."  Ensemble, ils décident de construire un projet qui leur ressemble. Leur complémentarité devient rapidement une force. Lui s’occupe davantage de la production et de l’expérimentation, elle du contact client et de la structuration. 

Une jardinerie singulière

Ouverture bac plantes

Ce qui rend The plant isn’t Dead particulier, c’est leur façon de travailler. Ils ne se contentent pas d’acheter et de revendre des plantes. "On récupère des plantes mères donc soit auprès de particuliers qui s'en séparent, soit auprès de fournisseurs. [...] On prend des grosses plantes qu'on va soit diviser en plusieurs petites plantes, soit on va prendre des plantes qu'on peut couper et multiplier par un système de serre", expliquent-ils. 

Le duo ne peut pas se calquer ou se référencer par rapport aux jardineries classiques, qui vont faire beaucoup d'achats-reventes, les produits étant plus faibles et moins qualitatifs. "Les personnes viennent elles-mêmes, elles achètent la plante et puis elles rentrent chez elles et puis se débrouillent." Le couple s'adapte à un profil type urbain, et s'intéresse à une clientèle citadine. Ainsi, ils vendent des petits formats, et les demandes sont plus spécifiques. "On ne va pas être sur un achat-revente. On va faire cultiver nos plantes pour pouvoir avoir une marge plus intéressante et donc pouvoir s'en sortir."

 

Le processus est minutieux. Les plantes sont coupées, nettoyées, parfois “mises à nu” pour éliminer les nuisibles, puis placées en serre artisanale. Pendant trois à six mois, elles développent des racines et de nouvelles feuilles dans un environnement contrôlé. "On met la plante dans des bacs hermétiques avec de la mousse… et ensuite, on laisse faire. C’est un effet de serre autonome." Ce modèle permet non seulement de produire différemment, mais aussi de limiter les ressources utilisées, notamment l’eau.

Zoom bac plantes

Transmettre avant tout

Très vite, ils remarquent un problème : beaucoup de gens achètent des plantes, mais ne savent pas comment s’en occuper. "Les gens se retrouvent avec des plantes qui meurent au bout d’un moment." Alors ils décident de faire autrement. Plus qu’une jardinerie, The plant isn’t Dead se veut un espace pédagogique. Le constat de départ est donc simple : beaucoup de plantes meurent, faute de conseils. Leur réponse est alors d'accompagner chaque client, avant, pendant et après l’achat. Fiches d’entretien, échanges en boutique, suivi à distance… tout est pensé pour éviter l’abandon végétal. "La personne peut nous envoyer un message, un mail, et on répond à toutes ses questions.Cette volonté de transmission est au cœur du projet !

 

Etagere plantes
Etagere2 plantes

L’écologie fait aussi partie de leur concept, mais sans discours compliqué. Beaucoup de pots sont récupérés, les matériaux sont souvent chinés, et leur système de culture utilise peu d’eau. "Être écolo, ça rime souvent avec pas d’argent, et tu fais des économies de malade." Leur système est ainsi pensé dans cette optique, ils nous expliquent : "Il y a une certaine démarche éco-responsable, parce qu'on essaye d'être vraiment peu gourmand en eau, notamment via notre système de serres. Une fois qu'on met les plantes dans les serres, on n'arrose plus le bac pendant trois à six mois, donc pendant presque tout le processus de la production, on n'a pas rajouté d'eau. On met des tapis chauffants, il y aura de la condensation qui va créer une humidité ambiante dans la boxe, et qui ensuite va se stagner en hauteur."

Ils travaillent aussi avec d’autres commerces locaux, comme le Green Corner, où ils organisent des trocs de plantes ouverts à tous. L’idée est toujours la même : partager autour d’une passion commune.

Plants isnt dead

Entre passion et expérimentation

Ce qui anime Steve et Amélie au quotidien ? La création, l’expérimentation, et le lien humain. "Moi j’aime bien créer, tester des nouveaux systèmes, améliorer les process", confie Steve. Amélie, elle, préfère "l’échange avec les gens, la transmission". Leur complémentarité se retrouve dans chaque aspect du projet. Et même dans les petites anecdotes du quotidien. Comme celle racontée par une créatrice voisine, Sophie de La Pigmentite, qui s’amuse : malgré son métier, Amélie "crie dès qu’elle voit un ver de terre".

Le nom résume bien leur démarche. The plant isn’t Dead, "la plante n’est pas morte". "On essaye d'avoir des plantes pleines de vie et qui sont en bonne santé et qui s'en sortent, on s'est dit au moins on vend des plantes qui ne sont pas mortes", expliquent-ils simplement.
 

Elise Thomas
Crédit photos : Elise Thomas — Oyez Oyez

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