L'Atelier Amiénois — La Pigmentite : Faire revivre la porcelaine du quotidien

Le 31/03/2026

Dans Magazine

Il y a 7 ans, Sophie Fedele a lancé La Pigmentite (situé à L'Atelier Amiénois, rue Flatters à Amiens), une activité artisanale autour du dessin sur porcelaine. Son idée est simple, prendre des objets du quotidien et les rendre uniques, leur redonner vie sans les transformer en objets précieux ou intouchables. 

Comment ça a commencé ?

À l'origine, rien ne prédestinait Sophie Fedele, étudiante en biologie, à l'artisanat. Un jour, elle achète une salière, une poivrière et un peu de peinture pour porcelaine, juste pour s’occuper. Et ça prend : "J'ai trouvé ça ludique parce qu’après ça laisse un objet qu'on utilise. Et je crois que c'est ce qui me plaît, et j'ai poursuivi comme ça sur la porcelaine parce que c'était le côté fonctionnel qui m'intéressait. 
On anime un objet, on ne crée pas l'objet, et puis je ne cherchais pas à apprendre à dessiner, je cherchais juste à rendre les choses un peu joyeuses.

Au début, elle utilise des pinceaux classiques, mais le résultat ne lui plaît pas vraiment. Elle prend quelques cours de dessin dans un centre culturel et y découvre la plume… Là, tout change. Le trait devient plus fin, plus précis. Elle peut faire des détails, aller plus loin dans l'élaboration. Un style qui lui correspond mieux, et qui rappelle les illustrations naturalistes anciennes qu’elle aime beaucoup.

Un parcours atypique

Avant de se consacrer complètement à cette activité, Sophie a exploré plusieurs chemins professionnels : des études de biologie (avec un mémoire sur les papillons), un passage dans l’enseignement, puis un CAP de coiffure. Elle travaille ensuite pendant 10 ans dans le salon de sa mère. C’est d’ailleurs là qu’elle commence à vendre ses premières créations, en les exposant directement sur place. Puis un jour, elle finit par acheter son propre salon. Mais quelques années plus tard, elle ressent le besoin de changer, le vend et se lance pleinement dans son activité artisanale.

Au début, elle participe à des marchés de créateurs. Mais un problème s'impose : les gens pensent qu’elle revend des objets déjà faits. Alors elle change de méthode, et dessine devant eux. Et là, tout devient clair. Les gens comprennent, s’intéressent, discutent. Petit à petit, elle se fait connaître et rencontre d'autres créateurs. Et son activité ne s'arrête pas à la peinture sur porcelaine : elle réalise aussi des dessins sur papier !

La pigmentite 2

En 2021, elle participe à la création d’une association avec d’autres artisans. L’idée était d'avoir un lieu commun, ouvert à tous, sans côté élitiste. C'est ainsi qu'est né L’Atelier Amiénois ! Une boutique-atelier où les créateurs peuvent exposer et échanger, et où le public peut venir facilement acheter les créations des exposants. De plus, des temps d'ateliers sont proposés aux personnes qui souhaitent s'initier aux différentes techniques des artisants. 

Une méthode de travail rigoureuse

Chaque pièce demande plusieurs étapes :

  • Elle réalise une esquisse
  • Prépare sa peinture (des pigments en poudre mélangés à de l’huile)
  • Dessine à la plume
  • Puis elle fait cuire la pièce à 850°C

La cuisson est importante : le dessin s’intègre complètement à la porcelaine, et ça ne s’efface plus. Après cela, le four se coupe et redescend naturellement, l'artisane nous explique : "On laisse le four fermé encore 10 heures. C'est très bien isolé. C'est un peu comme un congélateur. Le four c'est pareil. 
Du coup, si on le laisse fermer, c'est quand même très long à redescendre en température. Cela permet qu’il n'y ait pas de choc thermique et que la céramique se casse.
La création d'une pièce peut prendre 30 minutes comme 4 ou 5 heures, selon le niveau de détail et la forme de l’objet (dessiner sur un bol, par exemple, est plus compliqué que sur une surface plate).

Ce qu’elle préfère, ce n’est pas créer du neuf, mais transformer l’ancien. Elle chine des objets en brocante, comme des sous-tasses, et leur donne une seconde vie. Un petit dessin, un oiseau, et l’objet devient presque un tableau : "C'est ce que l'on voit dans un objet du quotidien qui n'a rien d'artistique. Il faut inventer quelque chose, et il prend envie.  Il y a de l'amusement là-dedans pour moi."

La pigmentite 8

Une inspiration liée à la nature

Elle s’inspire surtout de la nature : oiseaux, plantes, petits détails qu’on ne remarque pas toujours. Elle aime aussi observer les choses de près : "À l’œil nu, ce n’est pas impressionnant, mais dès qu’on regarde de plus près, ça change tout." Sophie suit aussi les saisons. Au printemps, elle va naturellement dessiner plus d’oiseaux, utiliser des couleurs plus légères : "J'essaie de suivre un peu le fil de l'année, le fil des saisons tout simplement, je me laisse porter, donc là c'est vrai que je vais refaire un peu plus d'oiseaux. On essaie de faire venir le printemps, et même dans les couleurs ça nous influe.

Effectivement, depuis le début, un élément revient toujours : la couleur. Des papillons qu’elle étudiait en biologie, aux colorations en coiffure, jusqu’aux pigments qu’elle prépare aujourd’hui, c’est un vrai fil conducteur !

La pigmentite 7

Sophie Fedele tient à une chose : ses créations ne sont pas là pour rester dans un placard. Elle veut que ce soit accessible, utile et utilisé au quotidien. C’est pour cela qu’elle choisit soigneusement sa porcelaine, en privilégiant la qualité du toucher et du dessin.

La pigmentite 4

Aujourd’hui, Sophie Fedele a trouvé sa voie avec La Pigmentite, en créant des objets simples mais uniques. Avec ses dessins, elle montre qu’on peut rendre le quotidien plus beau et plus coloré !

 

Elise Thomas
Crédits photos : Elise Thomas — Oyez Oyez

Informations L'Atelier Amiénois

  • Adresse : 15 Rue Flatters, 80000 Amiens
  • Téléphone : 03 75 50 97 56
  • Horaires : mardi, mercredi, jeudi, vendredi (10:00–12:00, 14:00–19:00) et samedi (10:00–19:00)

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