Rencontre avec Enriqué, père du premier générique français de Goldorak !

Dans Magazine

Enriqué, connu et apprécié des fans pour son interprétation du premier générique français de Goldorak, est un artiste éclectique. Passé par une formation d'art lyrique au conservatoire de Paris, il a débuté dans la variété française, puis est passé aux opérettes et à l'opéra. Aujourd'hui, pour son plus grand bonheur, le succès de son générique pour le géant de métal le rattrape et le voilà, à l'occasion de la Japan Manga Wave 2026, sur la scène du Zénith d'Amiens ! Assourdis par le brouhaha de la foule de fans en attente d'une dédicace, il nous a emmené en loge pour nous conter son parcours, son amour du chant et son expérience avec les justiciers, du robot métallique à Superman.

Enriqué, déjà chanteur avant Grendizer !

Une fois les barrières de la Japan Manga Wave passées, nous avons parcouru le Zénith d'Amiens pour découvrir une scène vibrant au rythme du groupe Starrysky. À la droite du concert, une foule de gens, rangée en queue, attendait de pouvoir repartir avec une belle dédicace et un selfie avec leur idole : le chanteur du premier générique de notre géant justicier. Entouré par les fans et le bruit ambiant, il sacrifiait sa pause déjeuner pour nous accorder une interview en loge.

Né en Espagne dans la province de Valence, c'est à 5 ans qu'il fit la découverte de son amour du chant à travers Luis Mariano. Il nous confie : "J'ai toujours chanté, quand j'étais petit, on me mettait sur les tables pour chanter des O Sole Mio, Valencia, Granada"

Alors dans sa vingtaine, installé avec sa famille à Avignon depuis des années, le futur artiste lyrique s'inscrit à un concours de chant dont il atteint la première place. C'est ainsi qu'il est repéré par Édouard Ruault, plus connu sous le nom d'Eddie Barclay, célèbre producteur de musique qui a notamment produit Bambino de Dalida, C'est extra de Léo Ferrer, ou encore La Bohème de Charles Aznavour, qui le fait immédiatement signer dans sa maison de disques, les Disques Barclay.

Goldorak, prince de l'espace !

À peine sa signature apposée, quelques singles et une tournée en cours, il se voit embarqué dans l'aventure Grendizer après qu'Eddie Barclay ait obtenu les droits d'édition !

Alors en tournée dans le sud de la France, Eddie l'appelle et lui dit : "Il faut que tu me chantes un générique de dessin animé japonais, alors je t'ai pris un billet d'avion pour demain matin, tu arrives à Paris vers 11h, tu enregistres le générique et tu repars en avion à 3h de l'après-midi". Arrivé à Paris, il retrouve M. Barclay, rencontre Go Nagai, créateur du robot justicier, et ses collaborateurs. La minute d'après, notre chanteur apprend les paroles tout juste traduites du japonais et met toute son énergie dans son interprétation.

Un petit moment de silence envahit la pièce, il tourne sa tête vers la cabine, ne voit aucune réaction et demande : "Excusez-moi, c'est bon, on la refait... ?". Go Nagai valide la prise, une seconde est enregistrée par précaution, et l'interprète repart. Sans s'en rendre compte, il vient d'assister à la naissance française de UFO Robot Grendizer, rebaptisé Goldorak !

Bien que la première version française ne restera pas longtemps l'unique version, Accours vers nous, prince de l'espace est resté un favori dans le cœur des fans.

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Par-delà Go Nagai !

Connu pour son générique du justicier de métal, il interprète également sur une musique de John Williams la version française du générique de Superman de Richard Donner, avec Christopher Reever dans la peau du justicier. Retenu pour ces deux succès, sa carrière ne peut néanmoins se résumer à l'interprétation de génériques. Issu d'une formation d'art lyrique à l'École Nationale d'Art Lyrique de l'Opéra de Paris, il commence, chez Barclay, par plusieurs chansons de variété française telles que Dis my love ou J'aime j'aime. Quelques singles et tournées plus tard, il change de style, troque la variété française au profit des opérettes dans les théâtres et de l'opéra à l'Opéra de Paris pour une vingtaine d'années.

Le retour d'un générique culte !

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Contrairement à l'image que pourrait renvoyer cet amas de personnes devant son stand, ça ne fait qu'une poignée d'années que le robot justicier et ses fans de tous les âges sont revenus dans la vie du chanteur. Une nouvelle vague de notoriété l'a rappelé sur le devant de la scène et aujourd'hui il interprète son célèbre générique au cours de tournées, en compagnie d'autres célèbres voix françaises de génériques d'animés japonais, et l'enregistre dans d'autres langues, notamment en japonais et en espagnol.

L'artiste éclectique nous révèle qu'il est "enthousiaste, heureux et jamais fatigué de chanter un générique qui met des étoiles dans les yeux du public". C'est avec joie qu'il parcourt la France pour signer des autographes, prendre des selfies avec ses fans et interpréter sur plusieurs scènes en France sa version du générique du justicier. 

Il aime rappeler qu'il est le premier fan de Goldorak en Europe, rencontrer des fans de son générique n'est alors qu'un énième prétexte pour parler de son amour pour cet animé japonais dont il est tombé follement amoureux, à l'instar de toute une génération bercée par ce géant justicier de métal.

Barnabé Bosquet - Oyez Oyez
Crédit photo : DR - Shuriken Events

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