Lou Upcycling : Quand "rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme" !

Le 12/02/2026

Dans Magazine

Installée depuis le 15 janvier 2026 dans son nouveau local amiénois, au 159 rue de Cagny, Sarah (Lou Upcycling) a franchi une étape importante dans son parcours professionnel. Lancée officiellement dans son activité en mars 2025, la jeune couturière propose aujourd’hui un atelier de retouche et de réparation, doublé d’un espace boutique où elle présente ses créations en upcycling.

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Sarah a commencé son activité en mars 2025, et s'est lancée dans la retouche, la réparation de vêtements, et la création d'upcycling. Elle était à la recherche d’un local et en a trouvé un début janvier. Deux semaines plus tard, celui-ci était ouvert ! L’espace se structure en deux zones distinctes : d’un côté, l’atelier consacré aux réparations ; de l’autre, une boutique où sont exposées ses créations. Autrefois proposées à la vente sur la plateforme Vinted, celles-ci sont désormais aussi disponibles directement dans son local.

Avant d’ouvrir ce lieu, la couturière travaillait dans une pièce aménagée chez son père. "J'avais un atelier avec une machine à coudre, où les clients venaient me voir, mais c'était contraignant car ils devaient prendre rendez-vous. Ici les gens rentrent comme ils veulent." Ce changement lui permet d’accueillir librement les clients.

Donner une seconde vie aux vêtements

Mais qu’est-ce que l’upcycling exactement ? Pour Sarah, c’est "du recyclage sur lequel je donne une plus-value. Ça va être le fait de réutiliser quelque chose pour ne pas le jeter en lui donnant une nouvelle valeur, une nouvelle fonction et une nouvelle image".

Pour créer, la samarienne se fournit principalement auprès de ses amies, qui lui donnent des vêtements, mais pas seulement : "Je récupère tout et n'importe quoi ! " En ressourcerie, dès qu’un vêtement lui semble exploitable, elle l’emporte. La jeune créatrice réutilise aussi ses propres habits qu’elle ne porte plus, précisant que cela s’inscrit "vraiment dans une idée de boucle."

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Un parcours solide dans le textile et une passion de longue date

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"J'ai toujours fait de la couture, avec la machine à coudre qui me suit depuis 20 ans. Mais c'était toujours des coutures à droite à gauche, et ça n'est jamais allé plus loin que ça." Mais le véritable déclic est survenu pendant le confinement, lorsqu’elle a confectionné sa première jupe à partir de deux tissus. Depuis, la couture ne l’a plus quittée !

Attachée à éviter au maximum la fast fashion, elle consomme de la seconde main depuis plusieurs années, que ce soit en friperie, en réderie ou dans les ressourceries autour d’Amiens. Une démarche à la fois écologique et économique. Elle nous explique que cette approche s’est imposée à elle de fil en aiguille, mais surtout durant son BTS, période pendant laquelle elle a compris que c’était ce qu’elle voulait faire. Sarah est détentrice du BTS MMV (Métiers de la Mode et du Vêtement) : "C'est un BTS qui t'apprend tout ce qui tourne autour de l'industrie textile, à utiliser la machine à coudre, à faire des patrons sur mannequin, à plat sur la feuille ou sur ordinateur."
Après ses études, la diplômée a travaillé chez Hermès à Abbeville, puis exploré différents postes : contrôle qualité, retouche et réparation pour une entreprise de vêtements de travail à Villers-Bretonneux, ou encore dans une retoucherie rue Jules Barni à Amiens. Cette dernière expérience a été le déclencheur pour ouvrir sa propre structure. Aujourd’hui encore, elle se dit en accord avec la jeune femme qu’elle était en 2022 !

Au lancement de son projet, elle s’est fait accompagner par l’incubateur de projet KatalyZe, "et je suis encore suivie par eux à l'heure actuelle" poursuit l'entrepreneuse.

Des pièces uniques et accessibles

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Chaque pièce est unique. Le temps de confection dépend du vêtement. Une jupe, par exemple, demande plusieurs étapes : découpe, mesure du tissu à ajouter, surjet pour arrêter le tissu, assemblage et création de plis.

L'amiénoise confie avoir mis du temps à trouver sa patte, cherchant longuement avant de s’accorder sur quelques modèles qu’elle apprécie particulièrement. Elle souhaitait aussi des modèles peu complexes à réaliser afin de pouvoir les proposer à prix doux. Les tarifs varient aujourd’hui entre 15 et 39 euros.

La plupart du temps, elle réalise elle-même ses patrons. Souvent, les transformations restent simples : raccourcir une jupe, ajouter du tissu, croper un t-shirt et le recentrer. Elle explique qu’à l’origine, elle voulait devenir modéliste (un métier qui consiste justement à créer un patron à partir du dessin d’un styliste), un travail qu’elle affectionne particulièrement.

Un style affirmé

Sarah aime les vêtements colorés, moulants, et cintrés, entre autres. Elle confie apprécier particulièrement ses tops ornés d’un petit cœur, devenus sa “marque de fabrique”. La pièce dont elle est la plus fière reste cependant une robe réalisée à partir d’une nuisette qu’elle affectionnait. Elle explique avoir décalqué puis conçu son propre patron pour transformer cette pièce en robe, un moment dont elle garde une grande fierté.

Si la couturière crée principalement pour des silhouettes féminines (parce que c’est sur ces corps qu’elle a appris à travailler et que cela correspond davantage à sa direction artistique), elle aimerait voir davantage d’hommes pousser la porte de sa boutique et oser porter ses tops, jupes ou robes.

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Un lieu voué à devenir collaboratif

Si le local n’est pas partagé au quotidien, il a aussi vocation à accueillir d’autres créateurs, principalement dans le textile, afin d’aider les petits artisans à se faire connaître et créer un lieu chaleureux dédié à leur savoir-faire. Sarah est notamment en lien avec le Collectif Couture Somme, dont certains membres pourraient venir y proposer des ateliers.

L’aménagement du lieu reflète d'ailleurs ses convictions : la majorité des meubles provient de la seconde main. Une cohérence éthique assumée jusque dans les moindres détails !

 

Aujourd’hui, son atelier-boutique s’inscrit dans cette continuité : réparer, transformer et créer, tout en restant fidèle à ses valeurs. Sarah nous montre bien que "rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme " !
 

Informations complémentaires  : 

Elise Thomas
Crédit photos : Léa Monard (Oyez Oyez) et Hugo Martin 

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