Nous reprenons le mardi. Une soirée importante car nous faisons les essayages costumes et nous rencontrons la compagnie, les danseurs, techniciens mais pas encore Philippe Decouflé. Nous découvrons aussi la scène du grand théâtre et nous nous plaçons enfin sur nos marques définitives. Ce qui nous surprend, c’est la bienveillance de tous, un regard simple et encourageant pour que nous sachions au mieux appréhender la scène et le public. Encadrés par Alexandra Naudet et Lisa Robert, nous mettons notre cœur et corps à l’ouvrage. Des individualités se dessinent, la chorégraphie s’assimile et nous nous insérons dans le spectacle en faisant notre premier filage. Un filage plein d'émotions car nous voyons les danseurs évoluer et comprenons au mieux les répétitions, la chorégraphie et nos placements. Bienveillance, soutien et sourire sont toujours là. Ils nous habitent et me fait appréhender “entre temps” sans temps de doute. J’y vois cette poésie se dessiner, ces corps en rime, ces gestuelles en vers et ces déplacements en strophe. Le vocabulaire de DCA (Diversité Camaraderie Agilité) est là, à l'éveil de cette écriture chorégraphique qui nous apprend à lire la danse comme un éveil au dessin, une lecture poétique.

Les nuits sont parfois agitées ou tardives, le temps de digérer les nouvelles informations, le rôle de l’un et l’autre. Mercredi est là, jour de première et jour de rencontre avec Philippe Découflé. Il pose des mots qui raisonnent en moi. “J’aime la peau, voir la peau, les petits, les grands, les gros…” Cela me libère, et je propose de danser en ouvrant ma chemise comme je pouvais le faire dans une lointaine jeunesse et toujours d’inviter Marie à ce rock où je me laisse davantage guider.
Nous apprenons des uns et des autres, des parcours de vie, des émotions et des difficultés que nous pouvons avoir. Mais tous, sommes en regard, attentionnés, à s'insuffler une belle énergie, à prendre conscience que ce mercredi nous serons sur une scène nationale, dans une salle pleine. A aucun moment, de nous, amateurs, je n’ai senti une angoisse, mais un “je survivrai”, un laisser aller à oser, à faire, à accepter la lumière des projecteurs et le regard du public sur nos imperfections et nos sourires…