RAEV signifie “renard”. Le renard est souvent considéré comme nuisible. Pourtant, il joue un rôle essentiel dans l’écosystème. "Les matières que je traite sont considérées comme nuisibles aussi. Mais elles font partie d’un cycle. Il faut les réinjecter." Et puis, dans l’imaginaire collectif, le renard est futé, il trouve des solutions. Exactement ce que RAEV propose aux entreprises face aux nouvelles obligations, notamment la gestion des déchets textiles devenue obligatoire en 2025. "Mon entreprise, je veux que ça soit ça, je veux que ça soit un outil qui soit au service des entreprises pour leur trouver des solutions à des problématiques qui sont un peu nouvelles et auxquelles elles doivent faire face", ajoute l’entrepreneuse.
Léa a toujours placé l’environnement au cœur de son travail. Pour la designeuse, c'est une évidence : "Parce que pour moi, travailler l'écologie, c'est travailler l'avenir, quelque chose qui est durable pour moi est forcément rattaché à l'environnement, on ne pourra pas faire sans". Après une expérience dans une entreprise d’upcycling en région parisienne, elle décide de ramener ce modèle sur son territoire. Aujourd’hui, elle est l’une des seules en Picardie à proposer cette solution comme activité principale, avec une ambition industrielle : produire des séries de 3 000 à 5 000 exemplaires.
Mais l'engagement de RAEV ne s’arrête pas à l’écologie. L’aspect social est tout aussi primordial : une partie de la production est réalisée à la maison d’arrêt d’Amiens, en collaboration avec l’association Wallbreaker. "J’y vais régulièrement pour les former parce que c'est des peines qui sont courtes, donc il y a un gros turn-over au niveau des personnes. Ils sont très enthousiastes, c'est super chouette." Ces quatre salariés détenus participent au nettoyage, à la coupe et bientôt à l’assemblage. En seulement un an, l’activité a permis de créer un poste d’encadrant à temps plein !