Bon sang ne saurait mentir, dit l'adage, et pour Juliette Boutant, l’univers familial y est propice ! « Mon père est dessinateur de presse. Donc, j'avais déjà un exemple de quelqu'un, à l'époque en tout cas, qui vivait pleinement du dessin. » et de préciser « avoir un parent qui vivait de son art, ça a rendu quelque chose d'accessible. » Ce qui l’a été, c’est surtout de s’autoriser à étudier cet art et d’aller vivre une décennie à Bruxelles avant de revenir à Angoulême. Aurait-elle été élevée au berceau paternel et dans les berceaux du 9ᵉ art ? Les pas sont faits et la vie, désormais, se trace en son nom et prénom.
Jouant des codes actuels de séduction, Juliette Boutant s'est inscrite sur un site de rencontre. Elle nous relate là, l’approche masculine, féminine et des “ghost” qui peuplent l'entrebâillement des portes finalement refermées…
Dès les premières lignes de cette BD, nous percevons le vrai, cette réalité que l’on boit à gorges déployées pour savoir la suite. Cette réalité qui pour ceux qui ont déjà franchi le pas de ces applications savent le pouvoir du scroll, swap et autres. L’art du ne pas dire ou de tout dire, celui de peu montrer ou trop montrer. D’un rien, plus rien. Mais dans ce récit, tout reste, le ton, le plaisir de découvrir les cases et les flashbacks. « Je vais vraiment mettre l'accent sur le storyboard, le découpage, comment est-ce qu'on raconte une histoire. C'est quoi ce qui se passe entre ces deux cases ? Qu'est-ce que je peux découper comme mouvement ? J'adore ça, ça me passionne ! » Hé bien cette transgression des cases et de genre est réussie !