Pourriez-vous vous présenter ?
Je suis Omar Fellah, comédien et metteur en scène. J’interviens aussi dans différents projets autour du théâtre, de l’éloquence et de la prise de parole. Ce métier me correspond parce que j’aime la liberté, le mouvement, la création et le fait de ne jamais faire exactement la même chose chaque jour.
Pourquoi avoir voulu être comédien ?
Je crois que je ne me retrouvais pas dans un cadre trop strict. Le théâtre m’a permis d’exprimer des émotions, de raconter des histoires et de rencontrer des gens très différents. J’aime le fait que ce métier soit vivant, humain et toujours en évolution.
Qu’est-ce qu’un comédien pour vous ?
Pour moi, un comédien est quelqu’un de sensible, ouvert sur le monde et capable de transmettre quelque chose de fort à travers un texte, un silence, un regard ou une émotion. On peut faire rire, émouvoir, questionner ou bouleverser avec très peu de choses.
Avez-vous des anecdotes de scène à nous raconter ?
Oui, plusieurs ! Une fois, dans une pièce où nous utilisions de la vidéo, je devais entrer depuis une salle voisine… sauf que la porte était bloquée de l’intérieur. J’ai commencé à taper très fort pour qu’on m’ouvre, et le public pensait que cela faisait partie de la mise en scène ! Une autre fois, dans un magnifique théâtre à Paris, je jouais une pièce de Molière en alexandrins devant beaucoup de professionnels. En plein monologue : énorme trou de mémoire. J’ai finalement retrouvé mon texte, mais j’ai eu de grosses sueurs froides. Et lors d’un solo, une personne complètement ivre commentait tout ce que je disais pendant le spectacle et voulait même monter sur scène. Il fallait continuer à jouer tout en gardant le calme.
Qui vous inspire au quotidien ?
Mes oncles d’Algérie m’inspirent beaucoup. Ils ont énormément d’humour, de culture et de modestie. Ils m’ont transmis des valeurs humaines importantes : le respect, l’ouverture et le fait de ne jamais vivre dans la haine.
Quel projet est en cours en ce moment ?
Je travaille actuellement sur un seul-en-scène autour de la relation entre la France et l’Algérie. Le spectacle parle notamment de la décolonisation, du déracinement, des conséquences sur les descendants d’immigrés et des différentes luttes liées à l’identité et à la mémoire.
Dans quelques années, comment vous voyez-vous ?
Je me vois toujours dans la transmission et la création. J’aimerais faire encore plus de mises en scène, développer davantage de projets artistiques et travailler encore plus avec des pays africains. J’espère surtout continuer à créer, rencontrer et transmettre.
Depuis quand intervenez-vous au lycée de l’Acheuléen ?
J’interviens au lycée de l’Acheuléen depuis 2009. Au départ, c’était principalement pour des cours de théâtre à l’internat.
Est-ce simple de donner des conseils et d’intervenir auprès des lycéens ?
Oui, parce que j’aime transmettre et accompagner les jeunes. Bien sûr, certaines situations peuvent être plus complexes que d’autres, mais les projets fonctionnent vraiment quand les professeurs sont investis et que les élèves y trouvent un intérêt personnel.
Est-ce compliqué de transmettre son savoir-faire ?
Je ne trouve pas cela compliqué parce que j’aime le challenge. Ce qui m’intéresse, c’est d’aider les élèves à découvrir un potentiel qu’ils ne voient pas toujours eux-mêmes.
Comment bien placer sa voix et son intonation ? Un conseil pour nous ?
La voix, c’est un ensemble : la respiration, la détente, le volume, l’articulation et la diction. Mon conseil serait de jouer avec sa voix avant de parler : tester des tonalités, poser des questions de différentes façons, s’amuser avec les intentions. Et surtout, se filmer ou s’enregistrer pour observer ce qu’on peut améliorer.
Est-ce que vous intervenez dans d’autres structures ?
Oui, j’interviens dans différentes structures : collèges, lycées, associations, ateliers de théâtre, projets d’éloquence et actions culturelles avec des publics très variés.
Qu’est-ce que vous pensez apporter aux lycéens et qu’est-ce qu’ils vous apportent en retour ?
Je pense leur apporter mon savoir-faire, ma joie de vivre et mon optimisme. Mais eux aussi m’apportent énormément : ils me rappellent qu’on peut évoluer, se surprendre et croire davantage en soi. C’est très émouvant de voir des jeunes se transformer et prendre confiance grâce à un projet artistique.